Un dimanche à Saint-Brieuc, autour de la table. Le grand-père, retraité depuis 2010, trouve que sa pension suit mal les prix. Sa fille Camille, 40 ans, salariée du privé, répond qu’elle n’est même pas sûre d’en avoir une. Ils parlent du même système, et aucun des deux n’a tout à fait tort.
Le premier épisode a montré la répartition : les cotisations d’aujourd’hui paient les pensions d’aujourd’hui. Voyons pourquoi cet équilibre se tend, ce que les chiffres officiels disent, et ce qu’ils ne disent pas. Lire le premier épisode
Le système est-il déjà en déficit ?
Oui, mais modestement. Dans sa synthèse de juin 2026, le Conseil d’orientation des retraites (COR), l’organisme public chargé de suivre les retraites, estime le déficit de 2025 à 5,1 milliards d’euros, soit 0,2 point de produit intérieur brut (PIB), la richesse produite en France sur une année. Le calcul couvre l’ensemble des régimes obligatoires, hors charges et produits financiers.
Sources de ce passage
- COR — Synthèse du rapport annuel de juin 2026 : évolutions et perspectives des retraites en France ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages 1-2 et 11-13 (solde 2025, solde 2070, champ du graphique) ; pages 15-18 (hypothèses du scénario de référence) · Déficit estimé de 2025 et solde projeté de 2070 dans le scénario de référence, hors charges et produits financiers, sur les régimes de retraite légalement obligatoires et le FSV, hors RAFP. Projection conditionnelle aux hypothèses et à la législation de juin 2026 ; ce n’est ni une prévision ni une annonce de disparition des pensions. · Consulté le 4 octobre 2026
Deux précautions. C’est un solde annuel, pas une dette accumulée. Et il repose sur des conventions : certains régimes sont équilibrés par des apports de l’État, si bien que ce chiffre ne mesure pas à lui seul le coût des retraites pour les finances publiques, dont les ressources ne se limitent pas aux cotisations.
Sources de ce passage
- COR — Synthèse du rapport annuel de juin 2026 : évolutions et perspectives des retraites en France ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages 1-2 et 11-13 (solde 2025, solde 2070, champ du graphique) ; pages 15-18 (hypothèses du scénario de référence) · Déficit estimé de 2025 et solde projeté de 2070 dans le scénario de référence, hors charges et produits financiers, sur les régimes de retraite légalement obligatoires et le FSV, hors RAFP. Projection conditionnelle aux hypothèses et à la législation de juin 2026 ; ce n’est ni une prévision ni une annonce de disparition des pensions. · Consulté le 4 octobre 2026
- COR — Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel de juin 2026 ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages imprimées 31 et 37 (note 35) ; 73-74 (section 3.1, figure 2.3, notes 63-64) ; 86-87 (figure 2.10 et ressources 2025) ; 119-127 (chapitre 6, leviers) · Différence entre rapport démographique et rapport cotisants/retraités ; pension moyenne rapportée au revenu d’activité moyen (retraités de droit direct résidant en France, régimes obligatoires hors RAFP) ; structure des ressources ; leviers étudiés sans prescription. Comparaison de moyennes, pas de taux de remplacement individuel. · Consulté le 4 octobre 2026
Pourquoi la démographie pèse-t-elle autant ?
Côté naissances, l’Insee estime la fécondité de 2025 à 1,56 enfant par femme. Côté longévité, l’espérance de vie à la naissance atteint 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes. Moins d’enfants, c’est moins de cotisants dans vingt-cinq ans ; vivre plus longtemps, c’est percevoir une pension plus longtemps.
Sources de ce passage
- Insee — Bilan démographique 2025, Insee Première n° 2087 ↗Insee / Hélène Thélot · 2026-01-13 · Sections fécondité et espérance de vie ; méthodes · Indicateur conjoncturel de fécondité 2025 et espérance de vie à la naissance 2025, données estimées ou provisoires. L’espérance de vie à la naissance ne mesure pas la durée passée à la retraite. · Consulté le 13 octobre 2026
Les projections de l’Insee de juin 2026 résument le mouvement en un seul rapport : combien de personnes de 65 ans ou plus pour 100 personnes de 20 à 64 ans. Il a presque doublé depuis 1970, et il continuera de monter jusqu’en 2040 quoi qu’il arrive, car les générations nées de 1961 à 1974 arrivent à 65 ans : l’Insee parle d’un vieillissement inéluctable à cet horizon, bien plus lié au passé qu’aux progrès à venir de l’espérance de vie. Au-delà, l’incertitude grandit. Attention au raccourci, toutefois : ce rapport entre classes d’âge n’est pas le rapport entre cotisants et retraités.
Sources de ce passage
- Insee — Projections de population à l’horizon 2070 : une population plus âgée qu’en 2026, et probablement moins nombreuse, Insee Première n° 2108 ↗Insee / Nathalie Blanpain, Jeanne Pointet, Hélène Thélot · 2026-06-08 · Chapeau ; section « Le vieillissement de la population se poursuivrait » et figure 6 ; encadré sur les hypothèses retenues · Scénario central : rapport des personnes de 65 ans ou plus aux personnes de 20 à 64 ans en 2026, 2040 et 2070 ; causes du vieillissement d’ici 2040 ; fécondité 1,45 dès 2028 et solde migratoire +150 000 par an. Rapport entre classes d’âge, distinct du rapport cotisants/retraités ; scénario conditionnel. · Consulté le 13 octobre 2026
Combien de 65 ans ou plus pour 100 personnes de 20 à 64 ans ?
Rapport de dépendance démographique, France, scénario central des projections de population de l’Insee (juin 2026). 1970 est calculé par nous à partir des effectifs par âge publiés dans la même étude.
Année et 65 ans ou plus pour 100 personnes de 20 à 64 ans, en pour 100 personnes de 20 à 64 ans : 1970, 24 ; 2026, 40 ; 2040, 49 ; 2070, 62.
Voir les données du graphique
| Année | 65 ans ou plus pour 100 personnes de 20 à 64 ans |
|---|---|
| 1970 | 24 |
| 2026 | 40 |
| 2040 | 49 |
| 2070 | 62 |
Le COR le rappelle : le nombre de cotisants par retraité dépend aussi de l’emploi, du chômage et des âges effectifs de départ. L’emploi des 55-64 ans est donc un levier aussi puissant que les naissances, et bien plus rapide.
Sources de ce passage
- COR — Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel de juin 2026 ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages imprimées 31 et 37 (note 35) ; 73-74 (section 3.1, figure 2.3, notes 63-64) ; 86-87 (figure 2.10 et ressources 2025) ; 119-127 (chapitre 6, leviers) · Différence entre rapport démographique et rapport cotisants/retraités ; pension moyenne rapportée au revenu d’activité moyen (retraités de droit direct résidant en France, régimes obligatoires hors RAFP) ; structure des ressources ; leviers étudiés sans prescription. Comparaison de moyennes, pas de taux de remplacement individuel. · Consulté le 4 octobre 2026
Un cotisant de moins, combien ça coûte ?
Reprenons Camille, 40 ans, salariée du privé non-cadre, profil fictif. En 2070, elle aura 84 ans et sera retraitée depuis une vingtaine d’années. Faisons un calcul volontairement simplifié, que vous pouvez refaire, avec trois hypothèses :
- le rapport Insee entre classes d’âge tient lieu de rapport cotisants/retraités : approximation assumée ;
- chaque actif gagne 100, chaque retraité reçoit 50, arrondi du rapport réel de 54,6 % entre pension moyenne et revenu d’activité moyen mesuré par le COR en 2025 ;
- la part des revenus à prélever pour payer les pensions vaut (retraités × 50) ÷ (actifs × 100).
Un cotisant de moins, qui paie ?
Pour 100 actifs qui gagnent chacun 100, chaque retraité reçoit 50. Faites varier l’année : soit il reste moins à chaque actif, soit la pension baisse.
2026 : 40 retraités pour 100 actifs
Rapport Insee de 2026 pris comme rapport cotisants/retraités, approximation assumée.
Aujourd’hui, un cinquième des revenus d’activité suffit à verser 50 à chaque retraité.
2040 : 49 pour 100
Rapport Insee de 2040, scénario central ; même pension, même revenu.
Dans quatorze ans, il faut un quart des revenus, ou accepter une pension amputée de près d’un cinquième.
2070 : 62 pour 100
Rapport Insee de 2070, scénario central ; Camille a 84 ans.
À l’horizon de Camille retraitée, près d’un tiers des revenus, ou une pension réduite d’un tiers.
Tous les cas
Hypothèses de chaque cas
- 2026 : 40 retraités pour 100 actifs
- Rapport Insee de 2026 pris comme rapport cotisants/retraités, approximation assumée.
- 2040 : 49 pour 100
- Rapport Insee de 2040, scénario central ; même pension, même revenu.
- 2070 : 62 pour 100
- Rapport Insee de 2070, scénario central ; Camille a 84 ans.
Voir le détail du calcul
2026 : 40 retraités pour 100 actifs
| Étape du calcul | Ce qui reste à chaque actif, à pension constanteSur un revenu de 100, une fois financés 50 par retraité. La part prélevée passe de 20 aujourd’hui à 24,5 en 2040 et 31 en 2070. | La pension de chaque retraité, à effort constantSi les actifs ne consacrent jamais plus de 20 % de leurs revenus aux pensions ; 50 est la pension de départ. |
|---|---|---|
| Point de départ | 100 | 50 |
| Ce que prend le vieillissement | 20 | 0 |
| Ce qui reste | 80 | 50 |
Aujourd’hui, un cinquième des revenus d’activité suffit à verser 50 à chaque retraité.
2040 : 49 pour 100
| Étape du calcul | Ce qui reste à chaque actif, à pension constanteSur un revenu de 100, une fois financés 50 par retraité. La part prélevée passe de 20 aujourd’hui à 24,5 en 2040 et 31 en 2070. | La pension de chaque retraité, à effort constantSi les actifs ne consacrent jamais plus de 20 % de leurs revenus aux pensions ; 50 est la pension de départ. |
|---|---|---|
| Point de départ | 100 | 50 |
| Ce que prend le vieillissement | 24,5 | 9,2 |
| Ce qui reste | 75,5 | 40,8 |
Dans quatorze ans, il faut un quart des revenus, ou accepter une pension amputée de près d’un cinquième.
2070 : 62 pour 100
| Étape du calcul | Ce qui reste à chaque actif, à pension constanteSur un revenu de 100, une fois financés 50 par retraité. La part prélevée passe de 20 aujourd’hui à 24,5 en 2040 et 31 en 2070. | La pension de chaque retraité, à effort constantSi les actifs ne consacrent jamais plus de 20 % de leurs revenus aux pensions ; 50 est la pension de départ. |
|---|---|---|
| Point de départ | 100 | 50 |
| Ce que prend le vieillissement | 31 | 17,7 |
| Ce qui reste | 69 | 32,3 |
À l’horizon de Camille retraitée, près d’un tiers des revenus, ou une pension réduite d’un tiers.
Vérifier les repères et les hypothèses
- COR — Synthèse du rapport annuel de juin 2026 : évolutions et perspectives des retraites en France ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages 1-2 et 11-13 (solde 2025, solde 2070, champ du graphique) ; pages 15-18 (hypothèses du scénario de référence) · Déficit estimé de 2025 et solde projeté de 2070 dans le scénario de référence, hors charges et produits financiers, sur les régimes de retraite légalement obligatoires et le FSV, hors RAFP. Projection conditionnelle aux hypothèses et à la législation de juin 2026 ; ce n’est ni une prévision ni une annonce de disparition des pensions. · Consulté le 4 octobre 2026
- Insee — Projections de population à l’horizon 2070 : une population plus âgée qu’en 2026, et probablement moins nombreuse, Insee Première n° 2108 ↗Insee / Nathalie Blanpain, Jeanne Pointet, Hélène Thélot · 2026-06-08 · Chapeau ; section « Le vieillissement de la population se poursuivrait » et figure 6 ; encadré sur les hypothèses retenues · Scénario central : rapport des personnes de 65 ans ou plus aux personnes de 20 à 64 ans en 2026, 2040 et 2070 ; causes du vieillissement d’ici 2040 ; fécondité 1,45 dès 2028 et solde migratoire +150 000 par an. Rapport entre classes d’âge, distinct du rapport cotisants/retraités ; scénario conditionnel. · Consulté le 13 octobre 2026
Lisez le résultat en deux colonnes. À pension constante, l’effort demandé aux actifs passe d’un cinquième de leurs revenus aujourd’hui à près d’un tiers en 2070 : une hausse de moitié en une génération. À effort constant, c’est la pension qui recule d’un tiers par rapport au revenu des actifs. Ce calcul montre la force du mouvement, pas son issue : il ignore la productivité, l’emploi des seniors, l’âge de départ et les réformes déjà votées.
Sources de ce passage
- COR — Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel de juin 2026 ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages imprimées 31 et 37 (note 35) ; 73-74 (section 3.1, figure 2.3, notes 63-64) ; 86-87 (figure 2.10 et ressources 2025) ; 119-127 (chapitre 6, leviers) · Différence entre rapport démographique et rapport cotisants/retraités ; pension moyenne rapportée au revenu d’activité moyen (retraités de droit direct résidant en France, régimes obligatoires hors RAFP) ; structure des ressources ; leviers étudiés sans prescription. Comparaison de moyennes, pas de taux de remplacement individuel. · Consulté le 4 octobre 2026
- Insee — Projections de population à l’horizon 2070 : une population plus âgée qu’en 2026, et probablement moins nombreuse, Insee Première n° 2108 ↗Insee / Nathalie Blanpain, Jeanne Pointet, Hélène Thélot · 2026-06-08 · Chapeau ; section « Le vieillissement de la population se poursuivrait » et figure 6 ; encadré sur les hypothèses retenues · Scénario central : rapport des personnes de 65 ans ou plus aux personnes de 20 à 64 ans en 2026, 2040 et 2070 ; causes du vieillissement d’ici 2040 ; fécondité 1,45 dès 2028 et solde migratoire +150 000 par an. Rapport entre classes d’âge, distinct du rapport cotisants/retraités ; scénario conditionnel. · Consulté le 13 octobre 2026
Que disent les projections du COR, et que ne disent-elles pas ?
Le scénario de référence de juin 2026 retient, à partir de 2040, une productivité horaire en hausse de 0,7 % par an et un chômage à 7 %, avec la législation de juin 2026. Sous ces hypothèses, le solde annuel atteindrait -2,4 points de PIB en 2070. Changez l’hypothèse de chômage ou de fécondité, et le solde change : c’est une projection, pas une prévision, et rien n’y annonce la disparition des pensions.
Sources de ce passage
- COR — Synthèse du rapport annuel de juin 2026 : évolutions et perspectives des retraites en France ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages 1-2 et 11-13 (solde 2025, solde 2070, champ du graphique) ; pages 15-18 (hypothèses du scénario de référence) · Déficit estimé de 2025 et solde projeté de 2070 dans le scénario de référence, hors charges et produits financiers, sur les régimes de retraite légalement obligatoires et le FSV, hors RAFP. Projection conditionnelle aux hypothèses et à la législation de juin 2026 ; ce n’est ni une prévision ni une annonce de disparition des pensions. · Consulté le 4 octobre 2026
Second résultat, moins commenté, et celui qui concerne Camille : la pension moyenne continuerait d’augmenter en euros constants, d’environ 0,2 % par an, mais moins vite que le revenu moyen d’activité, à 0,7 % par an. Le rapport entre les deux passerait de 54,6 % en 2025 à 45,3 % en 2070. Pas d’effondrement, mais un décrochage lent et régulier des retraités par rapport aux actifs.
Sources de ce passage
- COR — Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel de juin 2026 ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages imprimées 31 et 37 (note 35) ; 73-74 (section 3.1, figure 2.3, notes 63-64) ; 86-87 (figure 2.10 et ressources 2025) ; 119-127 (chapitre 6, leviers) · Différence entre rapport démographique et rapport cotisants/retraités ; pension moyenne rapportée au revenu d’activité moyen (retraités de droit direct résidant en France, régimes obligatoires hors RAFP) ; structure des ressources ; leviers étudiés sans prescription. Comparaison de moyennes, pas de taux de remplacement individuel. · Consulté le 4 octobre 2026
Quels leviers les réformes ont-elles déjà actionnés ?
Un système par répartition ne connaît que quatre réglages : l’âge de départ, la durée exigée, le niveau des cotisations et celui des pensions. Le COR étudie leurs effets sans en recommander aucun. Depuis 1982, les réformes ont tour à tour touché à chacun d’eux.
Sources de ce passage
- COR — Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel de juin 2026 ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages imprimées 31 et 37 (note 35) ; 73-74 (section 3.1, figure 2.3, notes 63-64) ; 86-87 (figure 2.10 et ressources 2025) ; 119-127 (chapitre 6, leviers) · Différence entre rapport démographique et rapport cotisants/retraités ; pension moyenne rapportée au revenu d’activité moyen (retraités de droit direct résidant en France, régimes obligatoires hors RAFP) ; structure des ressources ; leviers étudiés sans prescription. Comparaison de moyennes, pas de taux de remplacement individuel. · Consulté le 4 octobre 2026
Sept réformes, quatre leviers
Parcourez les réformes depuis 1982 : chacune a touché à l’âge, à la durée, aux cotisations ou au niveau des pensions.
1982 à 2010
D’abord l’âge, puis la durée
D’une réforme à la suivante
Âge de la retraite abaissé à 60 ans.
Durée requise portée de 150 à 160 trimestres, salaire de référence sur les 25 meilleures années, pensions indexées sur les prix.
Durées d’assurance rapprochées entre régimes, départ anticipé pour certaines carrières longues.
Âge légal porté de 60 à 62 ans, taux plein automatique de 65 à 67 ans.
Quatre réformes en trente ans : on abaisse l’âge, puis on allonge la durée et on change le calcul, avant de relever l’âge.
Les sources de ce schéma
- Sécurité sociale — Les grandes dates ↗Sécurité sociale · Entrées 1982, 2003, 2010 et 2014 · Chronologie institutionnelle des réformes ; date de publication non affichée. Ces entrées décrivent des étapes passées, pas le droit actuel. · Consulté le 4 octobre 2026
- Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 ↗République française / Légifrance · 2023-04-15 · Article 10, I ; annexe sur l’âge d’ouverture des droits et la durée requise · État initial de 2023 : relèvement progressif de l’âge légal à 64 ans et accélération de la durée requise. Calendrier modifié depuis par la LFSS 2026 ; usage historique. · Consulté le 4 octobre 2026
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ↗République française / Légifrance · 2025-12-31 · Article 105, I et VI · Nouveaux calendriers de droit commun d’âge et de durée d’assurance, applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Départs anticipés et régimes particuliers hors champ. · Consulté le 4 octobre 2026
2014 à 2026
Durée programmée, 64 ans, puis un calendrier révisé
D’une réforme à la suivante
Allongement programmé de la durée, création du compte pénibilité.
Âge légal prévu à 64 ans, allongement accéléré de la durée.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 modifie ce calendrier pour les pensions prenant effet dès le 1er septembre 2026.
Trois textes en douze ans : la durée s’allonge par programme, l’âge monte vers 64 ans, puis la loi de financement pour 2026 modifie le calendrier.
Les sources de ce schéma
- Sécurité sociale — Les grandes dates ↗Sécurité sociale · Entrées 1982, 2003, 2010 et 2014 · Chronologie institutionnelle des réformes ; date de publication non affichée. Ces entrées décrivent des étapes passées, pas le droit actuel. · Consulté le 4 octobre 2026
- Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 ↗République française / Légifrance · 2023-04-15 · Article 10, I ; annexe sur l’âge d’ouverture des droits et la durée requise · État initial de 2023 : relèvement progressif de l’âge légal à 64 ans et accélération de la durée requise. Calendrier modifié depuis par la LFSS 2026 ; usage historique. · Consulté le 4 octobre 2026
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ↗République française / Légifrance · 2025-12-31 · Article 105, I et VI · Nouveaux calendriers de droit commun d’âge et de durée d’assurance, applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Départs anticipés et régimes particuliers hors champ. · Consulté le 4 octobre 2026
Concrètement, dans le cas général : 62 ans et 9 mois pour les personnes nées en 1964, puis des paliers de trois mois jusqu’à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969 ; 172 trimestres, soit 43 ans, dès la génération 1966.
Sources de ce passage
- Sécurité sociale — Les grandes dates ↗Sécurité sociale · Entrées 1982, 2003, 2010 et 2014 · Chronologie institutionnelle des réformes ; date de publication non affichée. Ces entrées décrivent des étapes passées, pas le droit actuel. · Consulté le 4 octobre 2026
- COR — Retraites : renouveler le contrat social entre les générations, premier rapport (2001) ↗Conseil d’orientation des retraites · 2001-12-06 · Pages imprimées 72-73 (PDF physiques 71-72), la réforme de 1993 dans le régime général et les régimes alignés · Contenu de la réforme de 1993 uniquement ; aucune statistique, projection ni règle de ce rapport ancien n’est reprise comme actuelle. · Consulté le 4 octobre 2026
- Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 ↗République française / Légifrance · 2023-04-15 · Article 10, I ; annexe sur l’âge d’ouverture des droits et la durée requise · État initial de 2023 : relèvement progressif de l’âge légal à 64 ans et accélération de la durée requise. Calendrier modifié depuis par la LFSS 2026 ; usage historique. · Consulté le 4 octobre 2026
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ↗République française / Légifrance · 2025-12-31 · Article 105, I et VI · Nouveaux calendriers de droit commun d’âge et de durée d’assurance, applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Départs anticipés et régimes particuliers hors champ. · Consulté le 4 octobre 2026
- Code de la sécurité sociale, article L161-17-2 (âge d’ouverture des droits) ↗Légifrance · version en vigueur depuis le 31 décembre 2025 · Ensemble de l’article et note d’applicabilité · Âge légal par génération dans le cas général : 62 ans et 9 mois pour 1964 et janvier-mars 1965, puis paliers jusqu’à 64 ans à partir de 1969. Hors départs anticipés. · Consulté le 4 octobre 2026
- Code de la sécurité sociale, article L161-17-3 (durée d’assurance requise) ↗Légifrance · version en vigueur depuis le 31 décembre 2025 · Ensemble de l’article et note d’applicabilité · Durée requise par génération : 170 trimestres de 1963 à mars 1965, 171 d’avril à décembre 1965, 172 à partir de 1966. · Consulté le 4 octobre 2026
- Service Public — Suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ? ↗Direction de l’information légale et administrative · 2026-02-27 · Tableau des âges de départ et durées de cotisation requises, générations 1964-1968 · Synthèse administrative du calendrier applicable aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 ; la loi reste la référence. · Consulté le 4 octobre 2026
Ce que nous retenons
La tension est réelle, mais elle n’a pas la forme qu’on lui prête. Le danger n’est pas la disparition des pensions : c’est leur lente érosion relative, visible dans les projections du COR. Le grand-père de Camille la vit déjà, avec une pension indexée sur les prix. Pour Camille, à carrière égale, la pension pèsera probablement moins, en proportion du revenu des actifs, que celle de ses parents, si les hypothèses du COR se vérifient.
Sources de ce passage
- COR — Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel de juin 2026 ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages imprimées 31 et 37 (note 35) ; 73-74 (section 3.1, figure 2.3, notes 63-64) ; 86-87 (figure 2.10 et ressources 2025) ; 119-127 (chapitre 6, leviers) · Différence entre rapport démographique et rapport cotisants/retraités ; pension moyenne rapportée au revenu d’activité moyen (retraités de droit direct résidant en France, régimes obligatoires hors RAFP) ; structure des ressources ; leviers étudiés sans prescription. Comparaison de moyennes, pas de taux de remplacement individuel. · Consulté le 4 octobre 2026
- COR — Retraites : renouveler le contrat social entre les générations, premier rapport (2001) ↗Conseil d’orientation des retraites · 2001-12-06 · Pages imprimées 72-73 (PDF physiques 71-72), la réforme de 1993 dans le régime général et les régimes alignés · Contenu de la réforme de 1993 uniquement ; aucune statistique, projection ni règle de ce rapport ancien n’est reprise comme actuelle. · Consulté le 4 octobre 2026
Les quatre leviers sont des choix, pas des fatalités : actionnés sept fois depuis 1982, ils déplacent l’effort entre actifs, retraités et contribuables sans jamais le supprimer. Ce qui nous ferait changer d’avis : une remontée durable de la fécondité ou de l’emploi des seniors, ou une révision du scénario annuel du COR. La question utile n’est donc pas de croire ou non au système, mais de savoir où l’on se situe : génération, régime, trimestres, part du revenu couverte. C’est le point de départ de tout accompagnement retraite sérieux.
Ce que le chiffre ne dit pas
- Le rapport 40, 49, 62 compare des classes d’âge, pas des cotisants et des retraités.
- Le déficit de 5,1 milliards et le solde de -2,4 points de PIB reposent sur des conventions et un champ précis ; une moyenne ne dit rien d’une carrière en particulier, et notre corpus prend le salarié du privé comme exemple principal.
- La part des pensions dans le PIB et le taux d’emploi des seniors publié par la Dares ne sont pas cités : nos sources relues ne permettent pas de les dater proprement ; ils viendront avec une révision de ce guide.
Et la suite ? Mercredi 21 octobre, de Madelin au PER
Ce décrochage relatif explique pourquoi l’épargne à côté des pensions obligatoires revient sans cesse dans le débat. Mercredi 21 octobre, dans l’épisode 3 de notre dossier « Comprendre la retraite », nous remonterons de la loi Madelin au plan d’épargne retraite (PER), et nous verrons pourquoi l’État encourage ces dispositifs. D’ici là, notre simulateur d’épargne montre ce qu’un effort régulier représente dans le temps.
Vos questions
Mes cotisations retraite sont-elles mises de côté pour moi ?
Non. En répartition, les cotisations prélevées cette année paient les pensions versées cette année. En échange, votre carrière enregistre des droits, trimestres et points, qui serviront à calculer votre future pension selon les règles alors en vigueur. Le premier épisode détaille ce trajet de l’argent et des droits.
Un déficit projeté veut-il dire que je n’aurai pas de retraite ?
Rien dans les travaux du COR ne le dit. Le solde de -2,4 points de PIB en 2070 est un besoin de financement annuel sous des hypothèses précises, ni une dette ni une faillite. Le même scénario montre des pensions qui augmentent encore en euros constants, moins vite que les revenus d’activité : la question utile est celle du niveau relatif.
Quel âge et combien de trimestres pour ma génération ?
Pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026, dans le cas général : 62 ans et 9 mois pour les personnes nées en 1964, par paliers jusqu’à 64 ans à partir de 1969 ; 172 trimestres dès la génération 1966, hors départs anticipés et régimes particuliers. Votre relevé de carrière fait foi ; nous pouvons aussi faire le point ensemble.
Consulter les 11 références de l’article
- COR — Synthèse du rapport annuel de juin 2026 : évolutions et perspectives des retraites en France ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages 1-2 et 11-13 (solde 2025, solde 2070, champ du graphique) ; pages 15-18 (hypothèses du scénario de référence) · Déficit estimé de 2025 et solde projeté de 2070 dans le scénario de référence, hors charges et produits financiers, sur les régimes de retraite légalement obligatoires et le FSV, hors RAFP. Projection conditionnelle aux hypothèses et à la législation de juin 2026 ; ce n’est ni une prévision ni une annonce de disparition des pensions. · Consulté le 4 octobre 2026
- COR — Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel de juin 2026 ↗Conseil d’orientation des retraites · 2026-06-11 · Pages imprimées 31 et 37 (note 35) ; 73-74 (section 3.1, figure 2.3, notes 63-64) ; 86-87 (figure 2.10 et ressources 2025) ; 119-127 (chapitre 6, leviers) · Différence entre rapport démographique et rapport cotisants/retraités ; pension moyenne rapportée au revenu d’activité moyen (retraités de droit direct résidant en France, régimes obligatoires hors RAFP) ; structure des ressources ; leviers étudiés sans prescription. Comparaison de moyennes, pas de taux de remplacement individuel. · Consulté le 4 octobre 2026
- Insee — Bilan démographique 2025, Insee Première n° 2087 ↗Insee / Hélène Thélot · 2026-01-13 · Sections fécondité et espérance de vie ; méthodes · Indicateur conjoncturel de fécondité 2025 et espérance de vie à la naissance 2025, données estimées ou provisoires. L’espérance de vie à la naissance ne mesure pas la durée passée à la retraite. · Consulté le 13 octobre 2026
- Insee — Projections de population à l’horizon 2070 : une population plus âgée qu’en 2026, et probablement moins nombreuse, Insee Première n° 2108 ↗Insee / Nathalie Blanpain, Jeanne Pointet, Hélène Thélot · 2026-06-08 · Chapeau ; section « Le vieillissement de la population se poursuivrait » et figure 6 ; encadré sur les hypothèses retenues · Scénario central : rapport des personnes de 65 ans ou plus aux personnes de 20 à 64 ans en 2026, 2040 et 2070 ; causes du vieillissement d’ici 2040 ; fécondité 1,45 dès 2028 et solde migratoire +150 000 par an. Rapport entre classes d’âge, distinct du rapport cotisants/retraités ; scénario conditionnel. · Consulté le 13 octobre 2026
- Sécurité sociale — Les grandes dates ↗Sécurité sociale · Entrées 1982, 2003, 2010 et 2014 · Chronologie institutionnelle des réformes ; date de publication non affichée. Ces entrées décrivent des étapes passées, pas le droit actuel. · Consulté le 4 octobre 2026
- COR — Retraites : renouveler le contrat social entre les générations, premier rapport (2001) ↗Conseil d’orientation des retraites · 2001-12-06 · Pages imprimées 72-73 (PDF physiques 71-72), la réforme de 1993 dans le régime général et les régimes alignés · Contenu de la réforme de 1993 uniquement ; aucune statistique, projection ni règle de ce rapport ancien n’est reprise comme actuelle. · Consulté le 4 octobre 2026
- Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 ↗République française / Légifrance · 2023-04-15 · Article 10, I ; annexe sur l’âge d’ouverture des droits et la durée requise · État initial de 2023 : relèvement progressif de l’âge légal à 64 ans et accélération de la durée requise. Calendrier modifié depuis par la LFSS 2026 ; usage historique. · Consulté le 4 octobre 2026
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ↗République française / Légifrance · 2025-12-31 · Article 105, I et VI · Nouveaux calendriers de droit commun d’âge et de durée d’assurance, applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Départs anticipés et régimes particuliers hors champ. · Consulté le 4 octobre 2026
- Code de la sécurité sociale, article L161-17-2 (âge d’ouverture des droits) ↗Légifrance · version en vigueur depuis le 31 décembre 2025 · Ensemble de l’article et note d’applicabilité · Âge légal par génération dans le cas général : 62 ans et 9 mois pour 1964 et janvier-mars 1965, puis paliers jusqu’à 64 ans à partir de 1969. Hors départs anticipés. · Consulté le 4 octobre 2026
- Code de la sécurité sociale, article L161-17-3 (durée d’assurance requise) ↗Légifrance · version en vigueur depuis le 31 décembre 2025 · Ensemble de l’article et note d’applicabilité · Durée requise par génération : 170 trimestres de 1963 à mars 1965, 171 d’avril à décembre 1965, 172 à partir de 1966. · Consulté le 4 octobre 2026
- Service Public — Suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ? ↗Direction de l’information légale et administrative · 2026-02-27 · Tableau des âges de départ et durées de cotisation requises, générations 1964-1968 · Synthèse administrative du calendrier applicable aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 ; la loi reste la référence. · Consulté le 4 octobre 2026